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Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur - Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit par le rattraper - Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

lundi 14 mars 2011

Laurent Gbagbo dans le tourbillon du Golfe de Guinée

par O. Cetaril

Un autre regard sur les enjeux de la crise ivoirienne

Introduction de O. Cetaril

Même si la production africaine du pétrole a augmenté au cours des 20 dernières années : 3,5 fois contre 1,6 fois au niveau mondial. Les gisements demeurent toujours sous exploités et il reste encore des réserves à découvrir. L’Afrique dispose globalement d’un potentiel de ressources naturelles encore inexploitées : diamant, or, uranium, bauxite, cuivre, cobalt, coltane et gaz. Il faut aussi et surtout compter avec le Golfe de Guinée qui se présente aujourd’hui comme le centre d’intérêts des pays à la recherche de la sécurité énergétique dont font partie la France et les Etats-Unis. Le Golfe de Guinée dispose d’un des plus grands gisements sous-marins de pétrole connus au monde. Avec 24 milliards de barils de réserve de pétrole, cette partie du continent qui est la synthèse de l’Afrique centrale et de l’Afrique occidentale est de loin la première région pétrolière africaine avec des pays comme le Nigéria, l’Angola et la Guinée équatoriale qui figurent au peloton de tête des pays producteurs du pétrole du continent. Avec une production de 4,5 milliards de barils par jour, le Golfe de Guinée est devenu une région des plus prometteuses renfermant du pétrole brut de qualité facile à raffiner. La force attractivité de cette région suscite des convoitises de plus en plus grandes de la part des consommateurs : les Européens qui ont une influence traditionnelle, les Américains qui entendent se positionner solidement et durablement, sans oublier les Chinois qui sont en embuscade. Ces gisements Off Shore présentant alors l’avantage d’être protégés des conflits armés de la région, garantissent une production relativement constante et sûre des exportations plus faciles vers l’Europe et les Etats-Unis. Le Golf de Guinée émerge aujourd’hui comme un nouveau centre de gravité énergétique et devient désormais le théâtre d’influence mutuelle entre la France et les Etats-Unis.







Le film en entier (1ère et 2e partie) ICI.


Analyse d’Antoine Glazer, journaliste-écrivain français

L’enjeu du continent africain pour les Etats-Unis ne se résume pas seulement au pétrole. Ils ont effectivement une carte de l’Afrique concernant les oléoducs et quand c’est le pétrole, ils exploitent celui du Golfe de Guinée. Ils veulent augmenter les exportations de pétrole du continent africain de 15% à 25% pour être moins dépendants du Golfe persique. Ils s’intéressent celui en Côte d’Ivoire comme ailleurs, mais ils n’ont pas, en fait, de lien affectif avec l’Afrique en dehors de Roots, Racines, des Américains aux origines africaines. Regardez ce qu’ils font au sud du Tchad, ils y ont une base, celle de Doba, avec des gisements exploités par les Américains comme Exon. On n’en entend jamais parler. Quand vous prenez l’avion de Paris pour N’Djamena, vous avez de gros Texans avec leur chapeaux et cuisinier philippin. Quand ils arrivent, ils verrouillent toute la base, pompent le pétrole et le jour où il n’en y aura plus, ils vont boucher le trou et partir. On n’en entendra plus parler. Ce n’est pas seulement l’exploitation du pétrole qui intéresse les Américains en Afrique. Il y a surtout la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. S’ils peuvent s’installer en Côte d’Ivoire, c’est plus facile pour eux, compte tenu des infrastructures qui s’y trouvent. Le plus important pour eux est de s’installer et de maîtriser cette zone du Sahel. C’est aussi la question du dernier poumon vert, la deuxième forêt pluviale dans le monde, l’ensemble des forêts du bassin du Congo, une fois qu’ils auront rasé l’Amazonie. Pour eux, c’est une question importante. Maintenant qu’ils considèrent que l’Afrique n’est plus un pré carré français puisque la France n’est plus gendarme de l’Afrique. Ils préparent la rivalité, pas seulement avec les Européens, mais avec la Chine également. Demain, le véritable enjeu du continent africain, ce ne sera pas la petite France qui sera devenue un pays musée avec les Nordistes, les Européens, les Néerlandais, les Anglais qui sont venus acheter des maisons en province parce qu’il est intéressant d’y vivre. Le véritable enjeu sera la guerre avec le Brésil, la Chine, les Etats-Unis sur un continent qui est le dernier continent où l’on trouve des richesses rares. Les pierres rares, on ne les trouvera qu’en Afrique qui est un continent inexploré.


Commentaire de Pierre Pean, journaliste-écrivain français

Avec la fin de la guerre froide, tous les intérêts ont pu s’exprimer secrètement mais librement. Pour des raisons politiques et économiques, ce que partageaient certaines puissances, depuis la période coloniale, était considéré par d’autres comme dépassé. Notamment, les Etats-Unis qui ont estimé que le pré carré était fini. Ce qu’ils essayent de montrer, ce sont les problèmes de rivalité entre les grandes puissances qui ne s’attaquaient pas pendant de nombreuses années après la deuxième guerre mondiale, à cause de la menace soviétique. A partir du moment où il n’y a plus de menace soviétique, les anciens et nouveaux amis s’affrontaient secrètement en Afrique. La marine américaine, avec un navire de guerre de 17 mille tonnes et ses 420 membres à bord,déclare officiellement pouvoir renforcer la sécurité dans la région affectée par la piraterie: le trafic de drogue et les attaques contre les installations pétrolières.
L’ambassadeur de France au Cameroun, Georges Serre, parlera d’une veille internationale contre un fléau qui gêne les activités normales de commerce et de production de richesses. Redoutant de plus en plus d’être bousculée dans son pré-carré par les Américains et les Chinois, la France décide de passer à l’offensive. Elle veut coûte que coûte réaffirmer sa présence dans ses
ex-colonies. Chacun y va de sa stratégie. Les pays du Golfe de Guinée, pour leur part, joueront essentiellement sur la concurrence américano-européenne pour l’accès aux ressources de l’Afrique. Ces Etats qui, comme la Côte d’Ivoire, partent de la bordure occidentale du continent africain au Cap de Bonne Espérance en passant par le détroit de Gibraltar, renforcent ainsi leur pouvoir de négociation face au maître, le colonisateur d’hier. L’idée du pré-carré connaît peu à peu l’essoufflement:


Autre intervention d’Antoine Glazer

«La France, en fait, quelque part, fait croire qu’elle a encore la manœuvre, la capacité d’appuyer sur telle et telle évolution démocratique en Afrique. Mais on voit bien, à mon avis, que c’est à l’heure où la France a eu les moyens réellement d’avoir ses relations paternalistes, ses relations de rapports de pouvoir avec l’Afrique. Je dis que l’Afrique se mondialise beaucoup plus vite que la France et on l'a vu, que ce soit la situation en Côte d’Ivoire, au Gabon ou ailleurs, très franchement, beaucoup d’Africains pensent que c’est la France qui décide de tout. Mais c’est alors souvent plutôt inversé. A mon avis, par exemple on l’a vu avec quelqu’un comme le Président gabonais Oumar Bongo, dans la première période. C’est vrai qu’il était installé par la France. Il n’y est pas d’ailleurs après la succession de Léon Mba mais en fait dans la deuxième période, on l’a vu, à mon avis, on n’était plus du tout dans la France-Afrique mais plutôt dans l’Afrique-France. Et c’était qui parfois surmentalisait, choisissait le ministre de la coopération, se disait il y a tel ou tel. Et, depuis, on a plutôt vu des personnalités françaises aux ordres de quelqu’un comme Oumar Bongo.
C’était totalement inversé. C’est la même chose en Côte d’Ivoire. Si la
France était aussi puissante en Côte d’Ivoire, en 2002, on ne serait vraiment pas dans la situation complètement burlesque de troupes françaises coupant le pays en deux. Ne choisissant pas vraiment ni l’un ni l’autre côté, ne soutenant pas complètement Laurent Gbagbo contre les rebelles du nord mais en même temps coupant le pays en deux, la France aurait dû à un moment donné… soit elle considérait que Laurent Gbagbo était légitime. En ce moment –là, elle lui donnait les moyens de se défendre contre la rébellion. Soit elle n’intervenait pas. Mais rester en disant il ne faut pas que les Ivoiriens s’entre- tuent et, venir, en tant que Forces impartiales entre les deux. La France a installé un état de fait. Ainsi elle montre à quel point elle perd finalement son savoir-faire, sa connaissance qu’elle avait de la Côte d’Ivoire qui était sa vitrine. Et on l’a vu au moment du coup d’Etat de 1999 contre le Président Henri Konan Bédié. On a vu à plusieurs reprises comment la France se trouve vraiment entre deux et ne veut pas vraiment choisir.
Mais, c’est aussi, très souvent, des bisbilles, des problèmes franco-français, entre l’Elysée, le Quai d’Orsay ou un certain nombre de réseaux. Et en fait, il n’y a pas après une période, pour critiquer dans le sens où finalement, c’était la priorité pour les Français. Et, quelque part, comme si c’était la guerre froide après une médiation de ce qui est réellement l’Afrique. Mais, en même temps, dans la période qui a suivi maintenant, on voit bien que c’est un peu chaotique. On ne voit pas de vision. On ne voit pas une France au devant des nouvelles générations d’Africains, qui est restée comme ça comme un gros bateau, en même temps fixée dans une France-Afrique comme de réseaux sans définir une véritable nouvelle politique, qui n’a pas su gérer ses relations avec de nouvelles personnalités comme Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Cela s’est suivi dans un certain nombre de pays où elle n’a pas su rester en même temps avec un certain nombre de dirigeants africains de l’ancienne période qu’elle a récoltés de la première période. Elle n’a pas su non plus laisser partout laisser la démocratie se faire en se retirant…”


Autre point de vue de Pierre Pean

“Les politiques et les médias font comme si nous étions encore un grand acteur en Afrique. La réalité me semble complètement différente. Je considère que la France n’a pas de politique lisible sur l’Afrique. On nous parle de rupture, le lendemain, les actes prouvent le contraire. On fait le discours de Dakar et après on essaie de montrer totalement l’inverse. On peut trouver des exemples pointus. Si l’on prend Areva, Total, Bouygues, Bolloré, on va trouver des exemples d’intérêts. Mais j’entends par intérêt global comme c’était encore le cas dans les années 1950 et 1970. Dans les premières décennies d’après les indépendances, on remarque que les Français n’ont pas encore trouvé l’équilibre dans leurs rapports avec l’Afrique, les Africains, les peuples africains. On voit bien qu’il y a tout le passé qui resurgit et que personne ne sait comment manier tout cela. Je pense au discours de Dakar et aux opposants à Ségolène Royal qui font le contre discours de la capitale sénégalaise. On voit bien qu’il n’y a plus aucune vision. Au contraire de la France, même s’il y a des dérives anciennes, il y a des rapports incestueux qui datent de depuis les indépendances. Mais globalement, je pense qu’il n’y a plus de politique africaine de la France ni de vision, ce que je trouve dramatique. Les mots ne suffisent pas. On a parlé de rupture, il n’en est rien, c’est plutôt une absence de vision. Les Etats-Unis misent sur la sécurisation militaire avec Africom, nouveau commandement de l’Afrique comme cheval de Troie. La Chine troque les infrastructures contre une priorité à l’exportation. La France compte sur des liens traditionnels qui semblent sûrement lui échapper avec en tête la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo qui, inlassablement, montre de l’intransigeance quant à son refus de s’inscrire sans discernement dans la dynamique de la Françafrique. La lutte pour le pouvoir en cours en Côte d’Ivoire a des répercussions en R.D. Congo où une élection présidentielle est prévue en novembre prochain. Le ministère de l’Information et porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé Ovalanga, a déclaré qu’il était envisagé de proposer une modification de la Constitution afin de remplacer le scrutin présidentiel à deux tours par une élection à un tour seulement. Cette réflexion était en cours pour des raisons budgétaires, entre autres, mais ces événements de Côte d’Ivoire pourraient précipiter la décision.
«Nous avons frôlé le pire en 2006», assure le ministre. Et «nous voulons aujourd’hui à tout prix éviter tout risque de dérives identitaires comme en Guinée, en Côte d’Ivoire ou au Kenya».


Des parallèles avec la Rdc

Cette décision confirme que la situation à Abidjan passionne les pays du Golfe de Guinée mais aussi l’opinion au Congo, qui établit quelques fois des parallèles entre l’histoire des deux pays. Au départ, dans les deux pays, au début des années 90, il y avait un dictateur vieillissant ami de l’Occident, et en particulier des anciennes puissances coloniales, la Belgique et la France. Mobutu comme Houphouët-Boigny apparaissaient également comme des relais régionaux. Intervenant ainsi comme des sages, des médiateurs, ou comme des bouttefeux. L’Angola qui est en passe de jouer un rôle de leader en Afrique, ne soutient pas l’idée d’une intervention militaire contre Laurent Gbagbo et n’a pas oublié comment les armes destinées à Savimbi ont transité par le Zaïre de l’époque, tandis que le leader de l’Unita était le bien venu à Abidjan.
«Il faut regarder de très près l’Angola, parce que c’est un pays qui devient incontournable sur une bonne partie de l’Afrique. C’est un acteur essentiel. Je me risque un peu à un pronostic. Tout ce qui s’est passé depuis 1990, en Afrique centrale, en Afrique des Grands lacs, au Zaïre…une partie de ce qui s’est passé ; la redéfinition des influences, le changement ; un gendarme pour le compte des Américains qui était Mobutu, et qui l’ont lâché. Ils ont essayé de lui substituer d’autres personnages, qui étaient Yoweri Museveni de l’Ouganda, et Paul Kagame, patron du Rwanda. Au fil du temps, Paul Kagame s’est imposé comme le principal personnage, c’est tellement vrai que l’Onu a estimé que ce sont des soldats rwandais qui pouvaient intervenir dans l’est du Soudan.
Il était devenu le personnage incontournable avec une fonction : ramener la paix dans la région. On s’aperçoit, 16 ans après, que la paix n’est pas revenue, surtout dans le grand Congo parce que ce qui préoccupe énormément, c’est ce qui va se passer. La Rdc est calme ou pas, cela a quand même beaucoup d’influence sur toute la région. On voit bien que Kagame n’est plus le personnage si merveilleux, si chevalier blanc, qu’il a été longtemps. Nous avons vu ce qui s’était passé lors des élections…lui qui était le monsieur idéal pose maintenant des problèmes aux Américains. Il y aura des élections prochainement au Congo, et ce qui va se passer est quand même très important. La stabilité du Congo est essentielle, et donc on se rend compte que le rôle de Luanda est essentiel. Je pense que l’Angola a un rôle déjà important, mais il va sans doute devenir de plus en plus important à la fois pour la stabilité du centre, de l’Afrique des Grands lacs, et au moins le Golfe de Guinée. Il devient (Dos Santos) le personnage clef, et l’Angola, le pays clef de toute la région. C’est intéressant que Dos Santos soutienne Laurent Gbagbo, c’est quelque chose d’extraordinairement important, pour la lecture de ce qui va se passer, les prochaines semaines et les prochaines années».


Le jeu des intérêts des Occidentaux

Tout bascula avec le jeu des intérêts des Occidentaux, combiné avec l’exigence de démocratisation qui toucha l’Afrique. Dès 1990, Mobutu fut lâché par les Belges, suivis d’autres Européens et en 1993 les funérailles d’Houphouët furent aussi celles d’une France-Afrique. Les modalités de la succession furent différentes. En Côte ’Ivoire, le dauphin constitutionnel, Henri Konan Bédié, finalement élu en 1995, fit face au Premier ministre du vieux, Alassane Ouattara, qui, dès le décès du patriarche, avait montré son intention de lui succéder. Si Ouattara, venu des milieux financiers internationaux et formé aux Etats-Unis avait été chargé de mettre en œuvre des politiques d’austérité impopulaires, c’est aussi parce que beaucoup ne le considéraient pas comme un Ivoirien de souche, de la même manière que, quelques années plus tôt Léon Kendo Wa Dondo, Tutsi d’origine, avait été chargé de remettre de l’ordre dans les finances de Kinshasa.
En Côte d’Ivoire, Konan Bédié mène la campagne contre son rival Ouattara, en inventant le concept d’Ivoirité. Cette exclusive, au Congo, allait se traduire par celui de nationalité douteuse puis, lors des élections de 2006, par la congolité. Même si les modalités de la succession furent différentes dans les deux pays, la guerre, elle, allait être au rendez-vous.
A Kinshasa, alors que la France restait associée à Kendo Wa Dondo à la succession d’un Mobutu déclinant, les Américains s’étaient choisis un autre homme fort dans la région, sinon deux. Paul Kagamé et Yowéri Museveni. Ces deux nouveaux leaders entendaient diriger à distance l’immense Congo, ou le morceler avec l’assentiment de certains milieux américains. Dès que fut dissipée l’euphorie suscitée par la chute de Mobutu, tous les Occidentaux, Belges y compris, s’entendirent sur un point commun qui ressemble étrangement aux sentiments qu’inspirent aujourd’hui Laurent Gbagbo. La haine de la communauté internationale. Laurent Désiré Kabila initialement choisi comme simple porte-parole des rebelles, s’est auto proclamé Chef de l’Etat, entendait exercer ses prérogatives et encourager au développement auto centrique. La conclusion ne tarda pas : il n’était pas l’homme qu’il fallait. Le scénario de la deuxième guerre du Congo, lancé en 1998 au départ du Rwanda, inspirera, plus tard, celui de la Côte d’Ivoire. Des rebelles, entraînés dans des pays voisins, Rwanda, Ouganda, comme plus tard le Burkina Faso, dénoncent les discriminations exagérées dont un groupe ethnique est victime. Ils s’emparent d’une partie du territoire qu’ils occupent et envoient les ressources vers les pays frontaliers, le Rwanda et l’Ouganda, en l’occurrence. Les voisins de la Côte d’Ivoire feront de même. Le Ghana, le Burkina Faso bénéficient de l’exportation de matières premières venues de Côte d’Ivoire à savoir, le diamant, le cacao.
Au Congo, en 1998, la communauté internationale choisit de qualifier de guerre civile une agression venue de l’extérieur qui n’est pas soutenue par les populations de l’Est. Elle refuse de s’interposer et convoque une conférence de paix dont les dés seront pipés. A l’Ouzaka, en 1999, les rebelles congolais sont mis sur un pied avec les représentants pouvoir central. Ce qui permet de mettre en minorité l’indésirable Laurent Désiré Kabila. En outre, l’argument des droits de l’homme est habilement utilisé pour discréditer le vieux maquisard. Alors que l’ on sait aujourd’hui, grâce aux rapports de l’Onu, que les massacres de réfugiés hutu ont essentiellement été commis par des rebelles sous les ordres de l’armée rwandaise ou par les commandos de Kagamé lui-même, c’est à Kabila que l’on fait porter la responsabilité de ces tueries.
Alors qu’à Lusaka, ses émissaires ont cédé face aux pressions, Kabila se tourne vers la rue et des manifestants dénoncent la capitulation. Il faudra attendre 2002 pour que la roue tourne. Auparavant, le 16 janvier 2001, le cortège du Président avait été victime d’un assassinat dont les commanditaires sont toujours demeurés dans l’ombre.
En Côte d’Ivoire, après que le général Guéi s’est brièvement emparé du pouvoir, les élections ont lieu en 2000. Mais Alassane Ouattara, comme Henri Konan Bédié, sont empêchés de se présenter. Laurent Gbagbo, issu de l’opposition, l’emporte. Le général Guéi conteste le résultat du scrutin. Gbagbo recourt à ses militants qui descendent dans la rue. Il a même reconnu que les conditions de cette élection étaient calamiteuses et promis un gouvernement d’union nationale. La campagne de dénigrement est immédiate, les partisans de Gbagbo qui tiennent la rue sont accusés d’avoir commis un massacre de Dioula, musulmans du nord, à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan. Le Président élu est accusé d’avoir repris à son compte le terme de l’ivoirité inventé par Bédié. Des campagnes sont menées contre le cacao ivoirien, la première ressource du pays. Car des enfants, présentés comme des esclaves, sont employés dans les plantations du sud, au dire de l’opposition dirigée par Ouattara.


Des rebelles entraînés au Burkina Faso

En 2002, l’éclatement de la guerre ne surprend point ceux qui étaient passés par Ouagadougou. Les rebelles, des Ivoiriens du nord, mais aussi des combattants recrutés dans tous les pays sahéliens, s’étaient entraînés depuis des mois, au Burkina Faso, avec la bénédiction du Président Blaise Compaoré. La France accepte cependant de s’interposer pour, à première vue, empêcher la chute de la capitale. Le contingent de la force Licorne se déploie dans une zone de confiance qui coupe le pays en deux, afin, ensuite, de mettre dans une posture de belligérante avec la destruction des aéronefs de l’armée ivoirienne et des tueries massives devant l’Hôtel Ivoire à Abidjan, en représailles au bombardement du cantonnement français de Bouaké qui aurait fait neuf morts dont un Américain, au cours de l’opération «Dignité». Lorsqu’en 2003 la France, sous Jacques Chirac et Dominique Devillepin aux Affaires étrangères, convoque toutes les parties ivoiriennes dans un stade de rugby de Linas Marcoussis, la formule de Lusaka, déjà utilisée au Congo, est recyclée. Les rebelles sont placés sur un pied d’égalité avec les représentants du gouvernement et ces derniers se voient sommés d’accepter un gouvernement d’union dans lequel les représentants des Forces nouvelles occuperont des postes clefs : la défense et la sécurité. En outre, les deux armées seront fusionnées. Gbagbo, placé devant le fait accompli, tente de calmer les siens avec à leur tête, Charles Blé Goudé, le leader des jeunes patriotes. Les foules en colère envahissent les rues d’Abidjan. Au Congo, dès 2001, la négociation a repris avec Joseph Kabila, plus maniable que son père. Il a compris que (provisoirement en tout cas) mieux valait plier. En échange du départ des troupes étrangères et de la réunification du pays, les principaux groupes rebelles, le Mlc de Bemba et le Rcd de Ruberza, proches du Rwanda, sont intégrés au pouvoir de Kinshasa. Et ce n’est pas un hasard si le Rcd se voit confier la défense et la sécurité, si Jean Pierre Bemba a la main sur l’économie. De 2002 en 2006, Joseph Kabila rasure les Occidentaux par sa modération. Il fait promulguer un code minier extrêmement ouvert aux investissements étrangers, promet de privatiser les entreprises publiques et donne tous les gages que lui demande le Ciat (Comité d’accompagnement de la transition) composé d’ambassadeurs étrangers. Il est recomposé de sa modération, non seulement par le vote des électeurs (54%), mais aussi par le fait que son rival, Jean Pierre Bemba, se retrouve entre les mains de la Cour pénale internationale. En outre, l’accord de paix prévoit l’intégration des forces rebelles au sein de l’armée gouvernementale avec l’appui de la communauté internationale.


L’élection, un prétexte pour faire partir Gbagbo

Dans le nord de la Côte d’Ivoire, les rebelles des Forces nouvelles qui n’avaient pas été désarmés et qui avaient gardé leurs structures de commandement, ont été accusés d’intimider, de bastonner des électeurs, violer et tuer des manifestants de La majorité présidentielle. Ce qui permît au Conseil constitutionnel de mettre en cause la crédibilité du scrutin et d’annuler le vote dans plusieurs bureaux. Dès lors, débutera un scénario surréaliste dans ce pays de l’Afrique de l’ouest, autrefois havre de paix et de progrès. Le secret de la présidentielle ivoirienne laisse croire que l’élection était un prétexte pour faire partir du pouvoir l’indécrottable Laurent Gbagbo.
Les observateurs, tant Européens qu’Africains, envoyés sur le terrain, se contredisent. Outre plusieurs Ong d’Afrique, l’ex-Premier ministre du Togo, Joseph Koffigoh, dénoncera, en même temps que le Centre de commandement militaire intégré, des exactions de nature à entacher sérieusement la sincérité du scrutin dans le nord encore sous contrôle de la rébellion : «Au terme de la mission, les observateurs de l’Union africaine ont fait les constats suivants : la mission a relevé avec regret des actes de violences graves notamment des pertes en vies humaines, des atteintes à l’intégrité physique, des séquestrations, des intimidations, des tentatives d’enlèvements et de dégradations du matériel électoral.
Autant d’éléments qui devraient faire l’objet d’une appréciation minutieuse de la part des organes compétents afin de déterminer leur impact sur le scrutin. En outre, la mission déplore l’ouverture tardive de certains bureaux de vote, le manque de stickers de certains bureaux de vote, le climat relativement lourd aux alentours de certains lieux de vote. Enfin, la mission déplore la séquestration de deux de ses observateurs et remercie les agents de l’Onuci pour le dénouement heureux intervenu à temps». Les envoyés de l’Union européenne, eux, assurent le rôle contraire, après avoir préalablement reconnu des échauffourées mais qu’ils estimeront, par la suite, sans incidence majeure sur le scrutin. Paris se dit très préoccupé devant la cacophonie qui en découlera. Il manifestera même son inquiétude face à l’incapacité de la Commission électorale indépendante (Cei) à donner les résultats de l’élection alors que seulement 25 mn la séparait du délai d’expiration ce mercredi 1er décembre 2010 à minuit.
Pris au piège du mode opératoire de consolidation des résultats qui prescrit le consensus et confronté surtout, aux difficultés structurelles de la Commission composée d’une trentaine de membres de l’opposition contre seulement quatre de La majorité présidentielle (Lmp), Youssouf Bakayoko son président, avec un humour incompréhensible en cette période délicate, finira par concéder la forclusion : «On va remercier les Ivoiriens d’être aussi patients. Nous avons depuis la fin du scrutin entrepris de faire un travail de validation des résultats qui nous parviennent des différentes régions de Côte d’Ivoire et, bien entendu, des différents bureaux de vote et commissions locales. Ce travail se poursuit, nous ne l’avons pas encore achevé. Quand nous serons prêts, nous nous tournerons vers la télévision pour communiquer les résultats de nos délibérations à l’ensemble de la population. Je vais donc leur demander d’être patients et compréhensifs et de nous laisser le temps de travailler en toute sérénité. Il s’agit de problèmes d’une grande importance. Il n’est pas encore minuit et nous continuons de travailler.
Nous poursuivons notre travail. Cela signifie que nous n’avons communiqué, à l’heure où je vous parle, aucun résultat. Nous n’avons rien dit à qui que ce soit parce que nous n’avons pas achevé notre travail».
Mais avant, l’Elysée tentera le tout pour le tout demandant le même mercredi, à 23h45mn, à son ambassadeur à Abidjan, à la suite d’Alassane Ouattara, d’adresser un courrier au président de la Commission électorale. «M. le président, il nous revient, de façon récurrente, que le candidat de La majorité présidentielle vous a adressé une requête au fait d’invalidation dans certaines régions du nord et du centre de la Côte d’Ivoire. Or, au regard de la loi, il n’est pas de vos attributions d’invalider le scrutin, autrement nous vous aurions saisi en invalidation du scrutin dans les régions de l’Agnéby, du Haut-Sassandra, du Moyen-Comoé, du Fromager, de la Marahoué, des 18 Montagnes, du Moyen-Cavally, des Lagunes pour les motifs ci-après : empêchement de vote, violences et voies de fait sur nos représentants et militants, achat de conscience d’électeurs, séquestration de nos représentants, bourrage d’urnes, menaces de toutes sortes, atteinte à l’intégrité physique, destruction de biens et toutes sortes de violations graves des droits de l’homme. C’est pourquoi nous pensons que la Commission électorale indépendante doit s’atteler aux seules tâches qui sont les siennes à savoir, proclamer sans délai les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Nous nous permettons de rappeler que le délai de trois jours imparti à la Commission électorale indépendante expire ce jour avec, comme conséquence, le risque de voir la Cei dessaisie; ce qui serait un échec dans la conduite de votre mission. Nous vous prions de croire, M. le président, en l’assurance de nos considérations. Signé: Alassane Ouattara.»
Le jeudi 2 décembre, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, sur instruction ferme de Sarkozy, appelle en téléconférence on représentant à Abidjan, le Coréen Choi et le président forclos de la Cei, Youssouf Bakayoko, à donner et certifier, surtout avant le Conseil constitutionnel, des résultats quelconques de la présidentielle ivoirienne. Pourvu que le vainqueur soit Alassane Ouattara comme l’exigent Paris et Washington. Susan Rice, alors présidente du Conseil de sécurité de l’Onu (Décembre 2010), membre du cabinet d’Obama, a été chargée de convaincre le Président américain dans ce sens, comme le lui a demandé aussi son amie personnelle, Mme Tounkara, ex-épouse d’Adama Tounkara, membre influent du Rdr, le parti d’Alassane Ouattara. La pression monte d’un cran entre Youssouf Bakayoko et Choi qui, redoutant un soulèvement populaire des partisans de Laurent Gbagbo, oppose un refus catégorique à cette entreprise périlleuse. Forclos, et alors qu’il avait déjà transmis le dossier électoral au Conseil constitutionnel tel que l’exige la loi électorale, Youssouf Bakayoko, accompagné par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis, et assuré d’un asile à Paris se retrouva contre son gré à l’hôtel du Golf, quartier général de campagne de l’adversaire de Laurent Gbagbo. 24 heures plus tard, pour donner de façon lapidaire des résultats qu’il était forcé de reconnaître comme ceux du second tour de la présidentielle du 28 novembre 2010. Ces résultats repris en boucle par les médias français, conformément au plan de Paris, seront rejetés par le Conseil constitutionnel ivoirien à qui revient la charge légale de proclamer les résultats définitifs de l’élection présidentielle.
“Tatiana, vous êtes notre correspondante permanente en Côte d’Ivoire, on vous retrouve en direct depuis Abidjan. Racontez-nous le film de cette journée où l’on attendait les résultats pour mardi puis mercredi et finalement, c’est jeudi après-midi, tout à l’heure, que cette annonce a été faite, mais après une série de rebondissements”. (France 24)


Des résultats donnés au Qg de Ouattara par la Cei

«Effectivement, c’est à un scénario incroyable auquel nous avons assisté cet après-midi. Nous nous sommes rendue dans le quartier de la Riviera pour assister à une conférence de presse du Rhdp d’Alassane Ouattara. Dans un premier temps, cette conférence a été repoussée et alors que nous étions quelques journalistes, nous avons été invités dans la salle de presse. Youssouf Bakayoko, le président de la Cei, est arrivé sans préambule, escorté par deux militaires. Dans une brève élocution, il a détaillé les résultats de l’élection présidentielle en donnant Alassane Ouattara, candidat du Rhdp, gagnant du scrutin avec 54, 10 % des suffrages contre 45,9% pour Laurent Gbagbo. Cette annonce aurait dû logiquement se faire au siège de la Cei, c’est mais sans plus d’explications que les résultats nous ont été communiqués. Ce sont bien entendus des résultats provisoires que le Conseil constitutionnel devra valider dans les prochains jours». Vous parlez du Conseil constitutionnel, écoutons maintenant son président qui s’exprimait justement à propos de ces résultats.


Pr Yao N’Dré, président du Conseil constitutionnel

«C’est le Conseil constitutionnel qui est chargé de donner les résultats définitifs. Il va faire son travail et la lumière sera faite sur l’élection. On ne peut pas éternellement rester dans les blocages. La Cei a été incapable de donner les résultats provisoires. C’est pourquoi, nous en appelons à la sérénité de tous pour que le Conseil fasse son travail dans le calme et la tranquilité». Alors la sérénité, toute la communauté internationale évoque cela d’ailleurs, le Conseil de sécurité de l’Onu en a parlé, la Cour pénale internationale s’en est mêlée également. Mais concrètement, quand on entend le président du Conseil constitutionnel dire que ces résultats sont encore en pointillé d’une certaine manière, qu’est-ce que cela veut dire Tatiana?
«Justement, après l’expiration hier du délai fixé à la Cei pour proclamer les résultats provisoires, le dossier était désormais naturellement entre les mains du Conseil constitutionnel. Ce qui est explicite dans le code électoral. Mais il faut préciser qu’avant cette annonce des résultats par le président de la Cei, le Conseil constitutionnel avait déclaré avoir été déjà suivi par la Cei».


Le “crime” de Gbagbo

Devant la taille de l’enjeu, qui se résume au départ de Gbagbo du pouvoir, car résolu, estime Nicolas Sarkozy, à se tourner vers des partenaires inhabituels, en l’occurrence la Russie et la Chine, les pouvoirs de Paris et des Etats-Unis vont prêcher chacun pour sa chapelle et jouer la carte de la fiction politique du lynchage médiatique. Comme l’exemple de ce jeune homme qu’auraient tué des patriotes selon des chaînes de télévision européennes. Et qui, contre toute attente, se relèvera quelques instants après une fois le scénario terminé, ignorant qu’il était filmé cette fois avec une autre caméra cachée, plus impartiale. Le président sortant est dépeint par la presse française comme un dictateur hors pair. Un mauvais perdant. Seul contre tous, Laurent Gbagbo appelle la communauté internationale à une enquête post-électorale avec en filigrane le recomptage des voix. Là aussi, l’Onu est seule à dénoncer, a priori, une injustice si les propositions de Gbagbo venaient à être prises en compte par l’Union africaine. Alors que des bulletins de vote au nord présentaient par endroits plus de votants que d’inscrits ou simplement zéro voix pour le président sortant dans plusieurs centaines de bureaux de vote où pourtant il était censé avoir des représentants. Ce sont au total des bourrages d’urnes que l’on subodore et de l’embrouille née de l’octroi sans raison apparente d’environ 600.000 voix à Alassane Ouattara qu’il faudra décrypter.
L’appel de Laurent Gbagbo est entendu par les Présidents angolais, José Eduardo Dos Santos, sud-africain Jacob Zuma et l’Ougandais Yoweri Museveni. L’Afrique s’en trouvera très fortement divisée et l’Union africaine humiliée.


Analyse de Pierre Pean, écrivain français

«J’ai été choqué par la prise de position urbi et orbi de la France dans cette affaire. La seule position est celle du retrait pour laisser les choses se faire. S’attaquer compte tenu du passé et des dix dernières années, de ce qu’on savait, des raisons de la crise ivoirienne.
C’est-à-dire, du rôle de Soro, des puissances étrangères. La seule politique que j’aurais admise, aurait été au minimum, le silence. Et laisser les pays africains régler leurs propres affaires. La situation que je n’ai pas suivie au jour le jour à l’époque est plus compliquée que celle que l’on peut entendre via les reporters ici et là. C’est une affaire qui concerne les Ivoiriens d’abord et les Africains ensuite. Ce n’est pas à la France d’intervenir. Critiquer violemment un recomptage des voix me semble maladroit, quand on veut vraiment mettre au pinacle comme valeur fondamentale la démocratie. Cela me semble un peu contradictoire de ne pas au moins accepter cette affaire de recomptage des voix. Cela ne me choquait pas du tout. S’il y a eu fraude, s’il y a un problème, autant recompter les voix. Si c’était la demande d’un camp, il fallait l’accepter».


Enjeu, le Golfe de Guinée

Blaise Compaoré, le Président burkinabé et ses homologues Abdoulaye Wade du Sénégal et Jonathan Goodluck du Nigeria se voient arracher le dossier ivoirien. Mais Paris n’a pas encore dit son dernier mot. Des sanctions économiques contre la Côte d’Ivoire se multiplient pour pousser les populations à la rue contre Gbagbo. Sait-il seulement, le Président ivoirien, qu’il est pris au piège de la bataille américano-française pour le contrôle du Golfe de Guinée?
La Côted’Ivoire demeure un pays essentiel avec son port, le deuxième d’Afrique après celui de Durban, en Afrique du Sud. Sa position médiane sur la côte atlantique et ses infrastructures économiques inégalées en Afrique de l’ouest. Toute chose qui devrait permettre des exportations rapides vers l’Europe et l’Amérique au départ du Golfe de Guinée. Si les Congolais craignent que le scénario ivoirien ne se produise chez eux en 2011, c’est aussi parce que Joseph Kabila, en plus de la reconstruction des infrastructures, a aussi ouvert le jeu. Passé d’importants accords avec les Chinois et diversifié les partenaires. Le Fmi lui refusera même un prêt, lui reprochant ses transactions avec la Chine. Les termes des attaques reposant sur des faits réels, sur un incontestable durcissement de régime se dessinent déjà. La corruption de l’entourage présidentiel, les violations des droits de l’homme. Quant à Laurent Gbagbo, s’il n’a pas réellement touché aux intérêts français, Total vient de se voir accorder un important champ pétrolier. Bouygues et Bolloré n’ont rien perdu. Il a lui aussi fait jouer des appels d’offre, invité de nouveaux acteurs économiques qui, à Paris, pourraient se rapprocher du Golfe de Guinée. Il est également reproché à Gbagbo d’avoir laissé s’implanter les Libanais.
La Francea ainsi vu disparaître son hégémonie d’autrefois de la même manière qu’au Congo, les Européens doivent désormais côtoyer de nouveaux partenaires. Derrière le maintien ou non de Gbagbo au pouvoir se joue le contrôle du Golfe de Guinée. Cet eldorado pétrolier que Français ou Américains en perte de vitesse dans le monde arabe et unis pour cette fois ne souhaitent pas voir passer en d’autres mains. A leurs yeux, Alassane Ouattara, ami personnel de Sarkozy, ancien directeur du Fmi, gestionnaire libéral, représente un interlocuteur beaucoup plus crédible que Gbagbo, le nationaliste.


Commentaire d’Antoine Glazer, journaliste-écrivain français

«La France a vraiment perdu de son influence. Si elle ne l’avait pas perdue, on ne serait pas arrivé à cette situation de novembre 2004 en Côte d’Ivoire. Avoir des parachutistes français qui étaient venus pour «pacifier» une crise ivoirienne et qui ont fini par tirer sur des Iivoiriens. On voit bien comment la France n’avait pas les capacités d’analyser réellement les situations et de faire ce qu’elle voulait.
Elle a perdu quelque part sa science africaine. En considérant qu’à une période, elle contrôlait vraiment tout. Il ne faut pas le nier. Il y a eu une période où la France contrôlait ses anciennes colonies. Ce qui n’est plus le cas depuis la fin de la guerre froide. Souvent les Africains ne se rendent pas compte à quel point la France a perdu ses influences».


La Rd. Congo et les Grands lacs

A l’instar de bon nombre d’Africains, l’opinion congolaise, observe l’exceptionnelle unanimité de la communauté internationale à propos de la Côte d’Ivoire. Et se demande quel est le véritable enjeu de l’épreuve de force en cours. Pour tout gouvernement de Kinshasa, issu de la majorité présidentielle, il n’entend pas se laisser piéger dans un scrutin à deux tours qui permettrait à tous les candidats de l’opposition de se rallier à une candidature commune dirigée contre le Président sortant. Il envisage de passer à un simple scrutin majoritaire. Le Congo garde encore présent à l’esprit cette terrible phrase prononcée par Nicolas Sarkozy, en 2010, dans la région des grands Lacs.
Quant à la région des Lacs, la violence s’est une nouvelle fois déchaînée. L’option militaire n’apportera aucune solution au problème de fond qui se pose de façon récurrente depuis bien davantage que 10 ans. Il faut trouver une nouvelle approche pour apporter aux pays de la région, l’assurance que l’on semble de ces questions, sera réglée de façon globale. Cela met en cause la place, la question de l’avenir du Rwanda. Pays à la démographie dynamique avec lequel la France a repris son dialogue. Cela pose aussi la question de la République démocratique du Congo. Pays à la superficie immense, à l’organisation étrangère des richesses frontalières. Il faudra bien qu’à un moment ou à un autre, il y ait un dialogue qui ne soit pas conjoncturel, mais structurel. Comment? Dans cette région du monde où l’on partage l’espace, les richesses, on accepte de comprendre que la géographie a ses lois. Que les pays changent rarement d’adresse et qu’il faudra apprendre à vivre les uns à côté des autres.

http://www.rti.ci/cgi-bin/page.cgi?g=Detailed%2F4196.html;d=1

6 commentaires:

  1. Dieu a la main sur la Côte d'Ivoire. Il délivrera ce pays de tous les imposteurs qui ne nous aiment pas en fait et qui ne visent que nos richesses y compris les fils indignes qui ont trahi et planté le couteau dans le sein de la mère patrie, notre chère Côte d'Ivoire. Car, même le grand Poncet a reconnu et dit que si on cherchait Dieu, il fallait venir le chercher en Côte d'Ivoire. Même si je passe par la vallée obscure, je ne redoute aucun mal Seigneur car tu me conduis, tu m'accompagne ....

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  2. Pourquoi ce documentaire n'a-t-il pas une large diffusion? Pourtant MM Glazer et PÉAN ont de l'audience et des moyens et des réseaux pour le promouvoir. En attendant, MERCI de remettre les choses un peu en place .

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  3. Apparemment, ça gêne vraiment en haut lieu, de L'Onu à l'Elysée et Washington.
    Le film en entier (les deux partie) ici : http://unevingtaine.blogspot.com/2011/03/laurent-gbagbo-dans-le-tourbillon-du_17.html

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  4. salut j oses croire que l afrique touveras assez d energie pour combattre ces predateurs qui sont aux portes de notre maison.je ne comprends par que une election presidentielle peut donner autant d interets a des blancs que a des noirs en cote d ivoire ces aussi du racisme. toi mon frere black sois pour une fois dans ta vie serieux tu ne vois pas que les blancs ce moquent de nous apres avoir enchainer nos ancetres et deporter poour aller travailler dans leurs chants et cuisine comme des esclaves tu te souvient de cette histoire.donc prend un verre d eau et ecoutes moi si tu es pas trop pessimiste les elections etait un pretexte pour piller nos ressource allons batons nous frere ivoirien afin de preserver cette paix, sinon les blancs iront dans leurs palais et ils nous laisserons tous ici en trein de ce tuer.soyons soudes aupres de la mere patrie pour sauver le pays car les institutions on proclame un vainqueur qui ce soumet a la lois et nous oeuvront tous ensemble pour la liberté car on n a pas interets a la detrruire car comme le dit le vieux le pere fondateur que le dialogue est l ame des fort.que sa sois gbabo ou alassane les interets du peulple d abords avant celle des predateurs si c est sa je suis d accords mais si c est a cause des etrangers nous nous batrons jusqu au dernier de nos soufflent par ce que nous avons Dieu avec nous si on ce consacre a luyi vraiment il operera des miracles pour nous jusqu au moment du desespoir comme il a liberé israel afin de demeure dans la fois avec lui

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  5. beletteskylemarechalpaix24 mars 2011 à 23:13

    paix, amour,properté.salut j oses croire que l afrique touveras assez d energie pour combattre ces predateurs qui sont aux portes de notre maison.je ne comprends par que une election presidentielle peut donner autant d interets a des blancs que a des noirs en cote d ivoire ces aussi du racisme. toi mon frere black sois pour une fois dans ta vie serieux tu ne vois pas que les blancs ce moquent de nous apres avoir enchainer nos ancetres et deporter poour aller travailler dans leurs chants et cuisine comme des esclaves tu te souvient de cette histoire.donc prend un verre d eau et ecoutes moi si tu es pas trop pessimiste les elections etait un pretexte pour piller nos ressource allons batons nous frere ivoirien afin de preserver cette paix, sinon les blancs iront dans leurs palais et ils nous laisserons tous ici en trein de ce tuer.soyons soudes aupres de la mere patrie pour sauver le pays car les institutions on proclame un vainqueur qui ce soumet a la lois et nous oeuvront tous ensemble pour la liberté car on n a pas interets a la detrruire car comme le dit le vieux le pere fondateur que le dialogue est l ame des fort.que sa sois gbabo ou alassane les interets du peulple d abords avant celle des predateurs si c est sa je suis d accords mais si c est a cause des etrangers nous nous batrons jusqu au dernier de nos soufflent par ce que nous avons Dieu avec nous si on ce consacre a luyi vraiment il operera des miracles pour nous jusqu au moment du desespoir comme il a liberé israel afin de demeure dans la fois avec lui

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